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Shaka Ponk à l’AccorHotels Arena, un show explosif

Par Léna Lutaud, Le Figaro le 24/03/2018

jeudi 5 avril 2018Joel-Yves

Shaka Ponk

Ce vendredi 23 mars, le groupe de rock français envahissait la salle de Bercy dans le cadre de leur tournée très exotique « The Monk Adelic Tour ». Au menu, foule hétéroclite, ambiance électrique et animale, pogos à tout-va...

Barbe blanche, queue-de-cheval et grosses bagues à tête de mort : ce vendredi 23 mars dans le hall de l’AccorHotels Arena, René, 65 ans, dit « pupuce », est venu sans sa Harley. Et sans ses copains du chapter, « Les sans couleurs » du Val-de-Marne. « Les Shaka Ponk, c’est une première pour moi, confie-t-il. Ce soir, il est invité par un ami. Son truc, lui, c’est plutôt les Stones et Led Zeppelin. »
Lucas, 17 ans, venu avec son frère Alexis et son père Didier.

La foule qui se presse aux portes est vraiment hétéroclyte. Quelques bobos branchés en bonnet, beaucoup de fans issus de milieux populaires, des quinquas en bande, des ados et plus surprenant encore vu le gros son qui s’annonce : de nombreuses familles. Gaston, « 11 ans dans sept jours », est venu avec sa maman et son ami Simon, 12 ans : « c’est l’affiche qui m’a plu. » Diane, 9 ans n’en est pas à son premier concert. « J’ai vu Muse et les Insus », raconte-t-elle fièrement. Et pas Indochine ? « Il faut bien qu’on se garde un groupe pour aller en amoureux », plaisante son père.

Mollets tatoués, short long et blouson orange « Biohazard Urban disciplin », Thomas, 46 ans, se repère de loin. « Je suis avec mon fils Ludovic, 14 ans, les Shaka je les ai déjà vus deux fois. Lui, c’est une première. » Devant le stand de produits dérivés, Didier, 49 ans en tee shirt vintage ACDC se montre généreux avec ses fils Lucas 17 ans et Alexis 19 ans. Ils repartent avec deux sweat-shirts orange avec tête de singe à plumes et un tee-shirt : soit 132 euros à ajouter aux places à 49 euros l’unité. Pour Anne-Marie, 64 ans « et demi » (« j’y tiens à ce demi car je les fête ce soir »), ce concert est un cadeau de sa copine Thérèse, la soixantaine elle aussi. Anne-Marie est curieuse de ce qui l’attend : elle n’a jamais été à un concert de toute sa vie. « Moi, vous savez, j’écoute Chérie FM et Nostalgie. »

Punks à chiens et danseurs étoiles

Shaka Ponk

À 20h50, pile, le noir se fait. Sur scène, un guitariste au manteau aussi blanc que sa crête géante punk se déchaîne. Aux claviers, Stevee secoue son chignon souple en rythme. C’est parti pour 2h30 de show d’une énergie folle, d’une technologie sublime et d’une générosité éminemment sympathique. Le tout dans un franglais improbable à coup de « mother fucker » et de « On fire Baby ! ». Avec les Shaka qui sont d’anciens graphistes, la musique est aussi importante que les vidéos faites maison projetées sur l’écran géant. Pour cette tournée baptisée The Monk Adelic Tour, le thème est « ruines antiques envahies par la jungle ». On ne sait pas très bien si on est au Cambodge ou au Pérou. La nature est tour à tour maléfique, romantique. Le feu, la fumée et le fer forgé sont omniprésents. Des robots extraterrestres aux yeux rouges virevoltent. Surtout il y a beaucoup d’animaux : des cachalots, des lézards, des araignées, un goret et bien entendu Goz le singe pixelisé, la mascotte de Shaka Ponk. Une créature entre le Donkey Kong du jeu vidéo des 80’s et les icônes poilues de Gorillaz et d’Iron Maiden.

Bras tendus vers le plafond, sautillant sur place, les milliers de fans dans la fosse s’offrent leur premier pogo dès la première chanson Killing Alleluya. (*) « Tu nous as manqué », hurle le chanteur et leader du groupe Frah (alias François Charon). « Ouaiiiiiii », crie en retour le tout-Bercy. Casquette à l’envers, gros casque sur les oreilles, Frah donne le ton de la soirée en se jetant une première fois dans la foule. Porté à bout à bras par la marée humaine, il est délicatement reposé sur scène. Ce soir, il le refera bien cinq fois. C’est sa marque de fabrique mais pour cette tournée, notre rocker a pris ses précautions : sous son ceinturon à tête de mort, son pantalon est rembourré aux genoux exactement comme pour un amateur de glisse. Punk mais pas trop. Les ligaments déchirés à force d’être tiraillé par la marée humaine de la précédente tournée, merci bien.

Shaka Ponk

La chanteuse Sam, amazone digne de Mad Max.

Immense crête noire, dreadlocks jusqu’à la taille, bikini sombre, pantalon à lanière curieusement découpé à l’avant des cuisses, son alter égo, la chanteuse Sam est une amazone digne de Mad Max. Une tigresse. « Vous êtes très caliente ce soir, je sais que tu peux crier », lance Frah avant de s’offrir de nouveau un cent mètres sur le dos porté à bout de bras par les fans en fosse. « Il y a beaucoup d’amour ici ! », dit-il avant d’entamer Twisted, un titre qui prône la tolérance. Il saute de son caisson exactement quand le mur de ruines explose derrière lui. Mine de rien, sous leurs airs de punks à chien, les Shaka Ponk sont aussi synchronisés que les danseurs étoiles à l’Opéra Garnier. Les musiciens, CC à la guitare, Mandris à la basse, Ion à la batterie, se mettent torse nu. Aux claviers, Stevee ne porte plus qu’un kilt. Frah dévoile d’impressionnants tatouages et des abdos en plaquettes de chocolat.

Arrive la sixième chanson : le Circle pit. Peut-être le moment le plus impressionnant du show. Après avoir écarté les bras tel Jésus Christ et demandé à la foule de lui « faire le sentier », Frah traverse la fosse et monte sur un caisson au milieu de Bercy pour entamer une danse indienne en tournant sur lui-même avec force de cris de guerre façon Peter Pan de Disney. « Vous êtes prêts ? Ok, je suis un totem ! One, two, three, four ! » Et la marée humaine se met à tourner en cercle de plus en plus large, le tout sur un pogo bien nerveux. On dirait un immense banc de poisson. Debout dans les gradins, les spectateurs applaudissent. Christophe Tardieu, numéro 2 du Centre national du cinéma (CNC) et peut-être le futur président de Radio France, est déchaîné. De droite au sens gaulliste et versaillais, on ne le savait pas fan de pogo. C’est magique. La communion entre les 15.000 fans est totale. Frah : « You are a wonderful audience. Ça y est le show peut commencer ! »

Shaka Ponk

Set Liste, vendredi 23 mars, AccorHôtels Arena :

- Intro
- Killing Halleluya
- On fire
- Wanna get free
- Twisted mind
- Party
- Circle Pit
- Nirvana
- Bunker
- Shiza radio
- Fakin’ luv’
- Fear ya
- Summer camp
- Ghung Ho/War dance
- Sharaline
- Battle
- Picky
- Palabra mi amor
- Mysterious ways
- Wataman
- Rusty Fonky
- Final

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