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Robert Plant and the Sensational Space Shifters : Lullaby and … the Ceaseless Roar

dimanche 8 juillet 2018Joel-Yves

Robert Plant and the Sensational Space Shifters - Lullaby and … the Ceaseless Roar

Quand on pense à Robert Plant, l’immage de Led Zeppelin apparait. A tort, mis à part la reformation éphémère de 2007 pour rendre hommage au fondateur d’Atlantic, le chanteur n’a jamais voulu entendre parler d’une re-formation. Contrairement à Jimmy Page qui a toujours poussé pour y arriver.

D’ailleurs à l’époque, Il a publié Raising Sand, un album historique avec l’artiste bluegrass Alison Krauss qui a remporté cinq Grammy Awards. Le succès de cet album a certainement confirmé à Robert Plant que la voie de la créativité était bien plus riche que celle de la fossilisation.

Lullaby and … the Ceaseless Roar peut être considéré comme la poursuite de ce travail de recherche et de dépoussiérage des racines de la culture musicale américaine. Un bel exemple : « Little Maggie », représente une vision elliptique de Plant sur une chanson folklorique des Appalaches. Elle avait déjà été travaillée sur l’abum « Raising Sand ».

Robert Plant

2014 correspond à la période où jimmy Page remasterise, pour notre plus grand bonheur, les albums historiques de Led Zeppelin. Pendant ce temps, Robert Plant est sur une toute autre planette.

Lullaby et le Ceaseless Roar est un album candide et tendre. Introspectif. Dans cette création Plant ourne également le dos à près d’une décennie d’aventures américaines. La relation de Plant avec Griffin est terminée, et il est de retour à la maison, explorant les paysages indigènes.

Robert Plant

On peut être surpris de l’écouter après la période « Nashville ». On y trouve des grooves trance-like, combinant des sonorités celtiques avec des rythmes ouest-africains (Juldeh Camara on riti, un violon à une corde, et le kologo, un luth à deux cordes, est un membre clé du groupe). Mais Plant et Justin Adams (guitares, djembe, bendirs et tehardant (luth à trois cordes), ont déjà exploré un tel espace musical - notamment sur le Mighty Rearranger de 2005 - mais jamais avec un tel raffinement.

Mais le passé continue de hanter l’artiste.

Sentimentalement : « Embrace Another Fall » commence avec des cordes pincées en Afrique de l’Ouest, tandis que la mélodie de Plant rappelle une complainte folklorique avant qu’un solo de guitare grondante ne projette l’axe de la chanson plus à l’Ouest. Des mots comme « your heart could not foresee the tangle I became/ That brings me home again » (ton cœur ne pouvait pas prévoir l’enchevêtrement que je suis devenu/qui me ramène à la maison) pointent ouvertement vers la séparation de Plant de Griffin.

"Embrace Another Fall" ROBERT PLANT

Musicalement : Robert Plant continue à travailler selon la méthode Led Zeppelin en trransformant d’anciens blues comme « Poor Howard » de Lead Belly en l’arrangeant avec des instruments ouest africains, des banjos et des violons.

LEAD BELLY Poor Howard (Po’ Howard)

Robert Plant - Poor Howard - Blue Hills Pavilion, Boston, MA - September 20, 2015

« Pocketful Of Golden » commence en citant citant « Thank You » de Led Zeppelin II ; « If the sun refused to shine » (Si le soleil a refusé de briller)

On pourrait en citer d’autres. Cependant, il est difficile de dire s’il s’agit de citations, volontaires, inconscientes, ou les deux. Quelle que soit la vérité, la direction prise par le travail de Robert Plant est séduisante.

Il y a de la nostalgie dns cet album.

En particulier « Turn it up » donne l’impression que le chanteur, du moins sa voix, est à la dérive. Entouré de sons électroniques inquiétants et envahissants, la batterie au rythme sinistre, un jeu de guitare qui se perd entre les riffs lourds et le blues du désert de Tinariwen, et du luth ouest-africain toujours présent mais au son déformé. On a le sentiment que cet enfermement sonore le rend claustrophobe. Plant est seul, déconnecté.... perdu à l’intérieur de l’Amérique... aveuglé par les néons, lla rigueur et la puissance. "Laissez-moi sortir !", hurle-il. Robert Plant semble exprimer l’isolement culturel croissant qu’il ressent à Austin, au Texas, où il s’était installé avec Patty Griffin.

Robert Plant and the Sensational Space Shifters - Turn It Up

Dans un autre genre, « Somebody There » est une belle chanson pop, chaleureuse et insistante qui tranche avec les habituelles créations de Robert Plant. Le chanteur déambule dans un paysage verdoyant, ruminant sur la beauté des saisons qui passent. De même, sur « Embrace Another Fall », Robert Plant est « à nouveau à la maison », décrivant les ambiances froides et humides du Pays de Galle. La chanson finit par se transformer en un couplet de « Marwnad yr Ehedydd », une chanson galloise datant du 15e siècle, chantée par Julie Murphy.

Le résultat est un ensemble de chansons remarquablement personnelles et émouvantes qui évoquent non seulement la déception romantique - magnifiquement rendue sur la sombre ballade au piano « A Stolen Kiss » - et l’horreur de se retrouver « à la dérive... haut et solitaire » aux États-Unis, comme le dit « Pocketful of Golden », mais aussi les agonies et les plaisirs du vieillissement. Tout cela est frappant venant d’un artiste dont la légende est basée sur une certaine démesure.

Robert Plant “Pocketful Of Golden”

Le jeu du groupe « The Sensational Space Shifters » renforce l’impact des chansons. Ce groupe est une version « aménagée » du groupe Strange Sensation qui l’a accompagné de 2001 à 2007. Il s’agit d’un étrange assemblage de rockers britanniques qui comprend deux membres de Portishead (le claviériste Justin Baggot et le bassiste Billy Fuller, actuellement membre de Geoff Barrow’s Beak>), Justin Adams, collaborateur de Jah Wobble/Brian Eno, et le guitariste de Britpop (Liam "Skin" Tyson). L’album est le résultat d’un travail collaboratif, souvent improvisé, qui se définit autant par le travail de production d’Adams avec les rockers touareg blues Tinariwen et laemusicien gambien Juldeh Camara que par celui du chanteur.

Robert Plant and the Sensational Space Shifters

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