Des Lyrics aux Paroles

where words fail music speaks

embed
<iframe height="200" width="500" frameborder=0 scrolling=no src="http://lyrics-a-paroles.fr/spip.php?page=snip&id_article=288"></iframe>

Robert Plant : « Les chansons de Led Zeppelin sont plus fun à jouer aujourd’hui »

Michel Valentin, Le Parisien, le 22 juillet 2018

lundi 20 août 2018Joel-Yves

Robert Plant

L’ancien chanteur du groupe de rock légendaire est de passage en France pour trois concerts, notamment ce lundi à Paris. À bientôt 70 ans, il s’amuse toujours autant.

Il joue ce dimanche aux Vieilles Charrues, lundi soir salle Pleyel à Paris, et le 25 au festival de Carcassonne (Aude). Alors qu’il fêtera ses 70 ans en août prochain, Robert Plant reste créatif et désireux de partager sa joie de vivre sur scène. Nous l’avons joint par téléphone dans son hôtel breton pour lui parler de sa carrière actuelle, mais aussi du groupe qui l’a fait connaître, un certain Led Zeppelin, dont on attend un livre illustré et une réédition du live « The Song Remains The Same » pour la fin de l’année.

Vous jouez ce dimanche dans le plus grand festival français (70 000 personnes par jour) et ce lundi salle Pleyel à Paris (3 000 places). Quels sont les avantages et les inconvénients d’un festival et d’une salle normale ?

ROBERT PLANT. C’est comme sur l’échelle de Richter. En voyant dans quel type d’environnement on va se produire, quelle sorte de bâtiment, les infrastructures, on peut dire comment les choses vont se passer. Nous adaptons donc notre musique en fonction du lieu, festival ou salle. D’ailleurs, je choisis moi-même les salles où nous jouons.

La salle Pleyel m’a été recommandée. Je voulais donner un spectacle à Paris, mais je veux aussi continuer d’explorer, et je me suis déjà produit dans tellement d’endroits dans votre capitale. Et puis, si je vise trop haut, je ne vendrai peut-être pas tous les billets, donc je préfère rester dans plus petit, mais aussi plus intime.

Vous donnez deux concerts en deux jours, un autre dans trois jours, vous n’épargnez pas votre voix !

Non. Je n’ai pas à me plaindre. Il semble que plus je m’en sers… (Il s’interrompt pour se racler le fond de la gorge et reprend, sur un ton de dérision)… L’air marin est extraordinaire, ici à Roscoff… Non, si ma voix fonctionne, tout va bien. Si ça ne va pas, on fait autre chose.

Votre dernier album, « Carry Fire », va au-delà du rock, de la pop ou du folk. Il y a des ambiances musicales venues de différents pays, voire continents…

Oui. Nous sommes 7 sur l’album et sur scène, nous avons chacun des goûts et des intérêts différents, nous n’essayons pas de faire notre « musique du monde » (NDLR : il le dit en français). Les musiciens sont plus jeunes que moi, mais ce ne sont pas non plus des gamins, ils ne sont pas nés de la dernière pluie.

Il y a en nous du trip hop à la Massive Attack, Justin Adams, guitariste, amène avec lui son travail avec Tinariwen, Jah Wobble ou ce qu’il a fait en Algérie ou au Maroc. Skin, également guitariste vient d’un groupe de brit-pop ; Cast. Billy Fuller, le bassiste, joue dans Beak, un dérivé de Portishead. Tout ça se mélange naturellement.

Lors de vos tournées, vous avez déjà joué au Mali, récemment en Turquie… Vous voulez vous produire dans autant de pays que possible ?

La première fois que nous sommes allés en Turquie, nous sommes aussi passés par la Roumanie, la Bulgarie. Mais les promoteurs nous mettaient des groupes de rock en première partie. Ce n’est pas ce que nous voulions. Nous avons obtenu à la place des groupes de musique gitane…

Lors de l’une de vos tournées avec Jimmy Page, l’ancien guitariste de Led Zeppelin, vous vous produisiez avec un orchestre égyptien. Vous aimeriez renouveler cette expérience ?

Je ne suis pas sûr. Tout était très répété, programmé, c’était toujours la même chose, à cause des arrangements. Ce que je joue aujourd’hui permet une plus grande liberté. J’ai adoré faire ça à l’époque, mais je préfère ce que je fais aujourd’hui, c’est plus « sauvage » (en français).

Jouer à sept avec votre groupe les Sensational Space Shifters vous autorise plus de liberté ?

Oui, à moi, mais aussi à eux. C’est une sorte d’expression libre, pas comme dans du jazz contemporain, mais comme une sorte de progression régulière.

La formule semble fonctionner, puisque vous sortez très régulièrement des albums ?

Oui, c’est un cycle de trois ans. En octobre prochain, je jouerai avec Van Morrison à l’O2 de Londres, ce qui marquera la fin de 13 mois de tournées.

Et après, des vacances, puis l’écriture du prochain album ?

La vie n’est que vacances, vous le savez, non ? À la fin de l’année, il fait froid et sombre en Europe. Ce sera peut-être le moment de changer d’environnement… J’écris quand je voyage.

Les critiques de vos derniers albums parlent souvent de vous comme d’un chamane. Ça vous convient ?

Je n’ai pas de titre à me décerner. J’aime le concept de chamane, mais je ne corresponds pas à la description. J’aime le football, j’aime le vélo, j’aime ma vie, je ne pense pas être quelqu’un de particulièrement mystérieux ou profond. Je pense que je suis juste un voyageur au sein de multiples univers musicaux.

Comment Chrissie Hynde, des Pretenders, est-elle venue chanter sur votre dernier album ?

Elle intervient sur une chanson (NDLR : « Bluebirds over the mountain », une reprise du chanteur rockabilly Ersel Hickey) que je chantais en voiture ou en marchant dans la rue quand j’avais 12 ans. J’ai toujours pensé qu’elle pourrait connaître une deuxième vie à une autre époque. Nous avons donc travaillé son rythme, mais je restais conscient que c’était une ballade pour ados à propos d’insécurité, d’amour, j’avais donc besoin d’une voix féminine. J’ai donc appelé Chrissie.

En 2007, vous aviez sorti un album entier en collaboration avec une chanteuse, Alison Krauss. Vous pourriez rééditer l’expérience ?

Ce genre d’album ne marche que parce que vous chantez des vieux titres. Mais m’asseoir et composer de nouveaux morceaux pour une voix féminine, ce serait très difficile, et prendrait beaucoup de temps.

Un concert de Robert Plant sans reprise de Led Zeppelin, est-ce possible ?

Je l’ai fait en 1981 et 1982 (NDLR : au tout début de sa carrière solo). Je souffrais de la mort de mon ami (NDLR : John Bonham, batteur de Led Zeppelin, décédé en 1980). Aujourd’hui, je suis un artiste de scène. Je me dois de créer une sorte de mythe, ou le propager.

Personne n’aurait pu imaginer, au moment où vous écriviez vos chansons avec Led Zeppelin, que cinquante ans plus tard, les gens les applaudiraient toujours sur scène, n’est -ce pas ?

Ça non ! Et ces chansons, elles sont beaucoup plus fun à jouer de nos jours qu’à l’époque. A l’époque, il fallait respecter la partition. Maintenant, elles partent dans une autre dimension !

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?