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Avec « Carry fire », Robert Plant ensorcelle son public

vendredi 15 juin 2018Joel-Yves

Roberrt Plant

Lorsqu’ils se lancent dans de nouvelles créations musicales, les « dieux » (et déesses) du rock qui ont vécu, voire survécu leur succès sont confrontés à des défis d’échelle inattendus.

Bien sûr, il leur est possible de recréer (plagier ?) les sons, les gammes ou les textes qui ont assuré leur notoriété dans le passé (souvent lointain), mais de telles tentatives peuvent être vécues comme de la magie ou du désespoir. Nous avons tous enduré ce rituel particulier, dans lequel les artistes au palmarès plus qu’étoffé tentent de revenir en arrière en servant des imitations de ce qui a fonctionné 30 ans auparavant. Douloureux.

Robert Plant, la voix d’or de Led Zeppelin, a suivi un chemin différent. Au cours des dernières décennies, il a délibérément éludé les rythmes fous et les hurlements du rock classique en choisissant d’explorer le bluegrass et le folklore appalachien et le blues rural comme l’illustre sa collaboration avec Allison Krauss en 2007. « Raising Sand » en étonne encore plus d’un.

Robert Plant

Il semble que cet album est plutôt une étape majeure dans une démarche entamée lors de la création de l’album « No Quarter » en 1994. En effet, le rôle des musiciens égyptiens dans l’enregistrement de « Kashmir » apparaît comme le point de bascule dans l’évolution musicale du chanteur. Pour lui, la période Led Zeppelin est terminée. A partir de là, il s’enhardira petit à petit dans cette exploration.

Après « Rising Sand », il s’est engagé plus fermement en direction du mariage des sons qui l’inspirent. « Band of Joys » est une étape. Son travail avec les « bien nommés »Sensational Space Shifters« entammé en 2014 avec l’album »Lullaby… and the ceaseless roar" creuse ce sillon un peu plus profondément et représente une œuvre cohérente.

Robert Plant - The May Queen

« Carry Fire », sorti le 13 octobre 2017, enfonce le clou. On le sens nostalgique, sans mélancolie. Une façon d’assumer l’âge par l’expérience et les rencontres accumulées.

Sur cet album, les mélodies celtiques (« May Queen », « Season’s Song ») croisent celles arabisantes (« Carry fire »), une ballade romantique « Season’s Song » et des blues rock (« Carving up the World » et « Bones of Saints ») dans un métissage parfaitement maitrisé et respectueux. Les instruments employés donnent les couleurs indispensables à ces mélodies, mêlant oud oriental, violoncelle, guitares blues (Dobro, slide guitar), djembés et tambours amérindiens aux sonorités électroniques.

Robert Plant

On n’y trouve qu’une seule et surprenante reprise : « Bluebirds over the mountain », un rock popularisé par les Beach Boys, chanté en duo avec Chrissie Hynde (Pretenders). Où comment transformer un rock en une chanson psychédélique aux résonances électroniques.

Cet ensemble ne serait rien sans la voix de Robert Plant. si elle pousse moins vers les aigus qu’à la grande époque du dirigeable, il sait lui donner le ton exact pour faire vibrer les textes interprétés. Il est expressif dans tous les registres nécessaires : de la douleur à la sérénité en passant par la douceur ou vibrer de désir. L’artiste est toujours dans une démarche sincère tranchant avec le règne de la pop produite à la chaîne dans les usines des grands producteurs. Robert Plant assume et honore son statut de géant de la chanson.

Robert Plant - Bluebirds Over the Mountain

Si la plupart des textes restent dans le registre poètique habituel de l’interprète, certaines chansons marquent son intêret pour l’actualité voire une prise de position politque. Comme « New World » qui évoque le génocide contre les Amérindiens, « Ils sont à peine humains/Il faut les déplacer/ Les faire s’agenouiller devant le sabre » (« They’re barely human / It’s time to move them / To let them kneel before the sword ») ou « Bones of Saints » qui questionne les rapports entre pouvoir, religion et armes à feu. Mais avec « Carving Up the World Again », Robert Plant est clair et affirme son opposition aux murs qui s’érige à travers le monde entre les peuples comme le projet de Donald Trump à la frontière mexicaine par exemple.

Robert Plant - Carry fire

« Carry Fire » est un album qui ensorcelle son auditoire le faisant voyager à la croisée des divers folklores, lui démontrant que du du « crossroads » des cultures peut naître quelque chose de plus riche encore.

Peut-on espérer une tournée qui mette en spectacle vivant cette belle création ? Il semble que oui, Robert Plant est programmé au festival de Carcassonne en juillet 2018.

Robert Plant - Bones of Saints

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